Actes de colloques 1964-2007


1964 : un problème qui n'est pas seulement esthétique

« Le problème des quartiers anciens doit être abordé dans son ensemble et pas seulement sous l'angle esthétique, car il s'agit essentiellement d'un problème économique et humain. Économique, puisqu'il s'agit de redonner aux centres historiques une fonction vivante dans la cité de demain; humain, puisqu'il s’agit de préserver, ou de recréer s’il y a lieu, un cadre de vie. Le noyau ancien de nos villes est le lien vivant avec le passé qui donne à nos cités leur visage et leur caractère. » (Assemblée constitutive de Civitas Nostra, Fribourg, 1964).

1968 : les hommes passent avant les pierres

« Les hommes passent avant les pierres : une solution ne peut être apportée au problème des centres anciens que dans le cadre de l’urbanisme et de l'aménagement du territoire. » (Assemblée de Civitas Nostra, Charlieu. 1968).


1969 : équilibre des groupes, des hommes et des fonctions

« La notion d'équilibre doit rester à la base des préoccupations et des actions concernant les quartiers anciens. Équilibre entre les groupes concernés habitants, associations, pouvoirs publics, spécialistes et architectes). Équilibre entre les hommes (habitants d’âges et de milieux divers, commerçants, artisans. touristes). Équilibre entre les fonctions (habitat, loisirs diurnes ou nocturnes, culture, tourisme). Équilibre entre les pierres et les hommes (car les pierres sans les hommes ne seraient que des tombeaux). »

(Conclusions du congrès de Civitas Nostra, Les quartiers anciens, pour quoi faire ?, Fribourg, 1969).

1970 : réhabilitation de l'habitat existant

« Les problèmes de la sauvegarde ne peuvent plus se poser uniquement en termes techniques de conservation et de restauration. Ils s'inscrivent dans le contexte de la réhabilitation de l'habitat existant. Ils sont inséparables du maintien d'une population diverse et riche en relations qui restent à l'échelle humaine, ils ne peuvent être séparés des activités économiques adaptées à la fois à la vie quotidienne et à la fonction métropolitaine des « centres villes ». »

(Conclusions du congrès de Civitas Nostra Les quartiers anciens, pour qui ?, Dôle, 1970).

1971 : le tourisme, pour ou contre les centres historiques ?

« Face à l'exploitation industrielle du phénomène explosif du tourisme dont la pression s'exerce à court terme, nous devons non seulement préserver le passé, mais encore assurer l'avenir de nos centres historiques. Nous devons penser en termes de génération.

Le tourisme bien compris est un moyen de sauver les centres historiques; il peut aussi aider à les faire revivre ou à les maintenir vivants. Mais l’apport du tourisme n'est pas à sens unique, car un quartier historique, son aspect et surtout sa vie, enrichissent ceux qui le fréquentent. »

(Conclusions du congrès de Civitas Nostra, Le tourisme, pour ou contre les quartiers historiques, Sion, 1971).


1972 : les quartiers anciens ne sont pas des ghettos

« Nos associations ne sont pas les « chiens de garde » de quelques vieux quartiers dans lesquels certains voudraient les confiner, comme dans des ghettos. Car le sort des quartiers anciens se règle au niveau de l’agglomération et de la région, et les décisions prises à la périphérie se répercutent infailliblement au centre ville et dans le noyau historique.» (Civitascope de Charlieu, 1972).

1973 : l’environnement commence au cœur de la ville

« L'environnement commence au cœur de la ville. un environnement lié à l'homme comme le corps à l’esprit. Civitas Nostra ne veut pas se replier sur un passé qui transformerait les centres historiques en villes musées. Mais nos associations ne veulent pas non plus que les centres des villes européennes soient voués exclusivement au culte de l'argent, du supermarché et de l’automobile. »

(Conclusions du congrès de Civitas Nostra, L’environnement au cœur de la ville, Metz, 1973).

1974 : il faut se garder de toute idée figée sur les quartiers anciens

« Les plans sont souvent réalisés en fonction de données anciennes, alors que nos quartiers s'améliorent peu à peu, sans que cela se sache toujours. Les interventions se font sur une matière en constante évolution. Il n'est donc pas toujours utile de prévoir des opérations lourdes là où les améliorations modestes seraient seulement nécessaires. Les coûts des restaurations peuvent, dans certains cas, être réduits par l’aménagement du seul gros œuvre, en laissant les aménagements intérieurs à la charge de l'utilisateur. »

(Conclusions du congrès de Civitas Nostra, Dix ans de restauration, bilan et perspectives, Lyon, 1974).

1975 : l’urbanisme n'est pas seulement l'affaire des techniciens et des élus

« Pour engager le processus de démocratisation de l'urbanisme, nos associations doivent :

1) Démontrer en termes clairs et accessibles que l'urbanisme n'est pas seulement l'affaire des techniciens et des élus mais celle de tous.

2) Utiliser à fond les structures, les législations et les procédures existant dans chaque pays.

3) Distribuer des informations…

4) Fournir des dispositions…

5) Adapter les moyens d’action à chaque situation locale : soit par libre dialogue et collaboration, soit — à défaut de pouvoir ouvrir le dialogue — en sachant ouvrir le confit. »

(Conclusions du congrès de Civitas Nostra. Démocratiser l'urbanisme des centres villes, Fribourg, 1975).

1977 : les hommes passent avant les textes

« Les revendications anciennes de la fédération Civitas Nostra font aujourd'hui partie intégrante des discours officiels… Mais elle constate que ce discours se transforme plus souvent en textes et en plans qu'en réalités. Or les hommes passent avant les textes et la réalité est plus exigeante, plus imaginative, plus imprévue que les plans…

« Cette primauté de la réalité sur les vues de l’esprit doit être marquée pour tous les hommes qui réhabilitent les quartiers anciens : les habitants, les intervenants, les administrations, les compagnons, les entreprises et les artisans, les élus. »

(Conclusions du congrès de Civitas Nostra. Des hommes pour la restauration, Le Puy, 1977).


1979 : chiffrer aussi ce que la collectivité gagne avec la restauration réhabilitation

« Un premier blocage que nos associations doivent contourner ou lever est la notion, largement répandue, du coût trop élevé des opérations de restauration. « Trop de techniciens, en établissant les devis de réhabilitation, travaillent seulement en comptables, alors qu'il faudrait prendre « en compte » la valeur culturelle, sociale et économique de l'environnement existant et de son évolution. Un véritable bilan devrait, en effet, accorder la plus grande importance à la valeur culturelle du patrimoine et à ce que gagne la collectivité en évitant la destruction de groupes sociaux. »

(Conclusions du congrès de Civitas Nostra, Quartiers anciens, du discours à la réalité, Nancy, 1979).

1982 : jardins en milieu urbain

« Nous avons dit l'importance de la demande de ce type d'espaces, la richesse et l’équilibre humain qu'ils offrent à la population citadine et, en face, nous sentons toutes les convoitises dont ils sont l'enjeu. Leur statut et leur existence sont fragiles; pourtant, la loi sur la protection de la nature affirme le devoir d'assurer l'équilibre harmonieux de la population résidant dans les milieux urbains et ruraux. »

(Conclusions du colloque de Civitas Nostra, Jardins potagers groupés en milieu urbain, Moret-sur-Loing, 1982).

1983-1984 : habitat rural et civilisation paysanne

« Le musée westphalien de plein air de monuments de civilisation paysanne offre une illustration de nos connaissances livresques ou intuitives d'une époque, de son mode de vie, de ses conditions matérielles et sociales; également de ses valeurs, de ses aspirations, de son éthique. Mais il est illustration seulement. Il est fait pour instruire, et pas seulement pour conserver. Modèle, il peut nourrir les recherches actuelles les plus modernes. »

(Rencontres en 1983 et 1984 entre Civitas Nostra et le Groupe d'études de l’habitat urbain et rural d’Europe du Nord - Allemagne, Suisse).


1985 : patrimoine immobilier et droit

« Utiliser des protections n'est-ce pas aussi accepter une certaine stérilité qui assure un plaisir immédiat, mais gèle l'avenir si aucune volonté de renaissance d'un quartier, d'un territoire, d'un monument ne guide l'action ? L’enquête montre le manque d'échange entre les différents protagonistes de l'urbanisme qui partagent le territoire entre ce qui relève, ou pourrait relever, des services des monuments historiques, et ce qui n’en dépend pas; alors que le patrimoine culturel immobilier ne se limite pas aux seuls édifices protégés, ou susceptibles de l’être. L'isolement de fait des protagonistes exige leur rencontre, leur information réciproque; mieux, une recherche concernée. Cette rencontre a permis de prendre conscience que la meilleure des règles peut être mise en échec par l'absence d'une volonté politique ferme et déterminée en faveur du patrimoine. »

(Conclusions d'une réflexion sur le colloque Le patrimoine culturel immobilier et le droit organisé par Civitas Nostra avec la faculté de Droit de Tours et la Société française pour le droit de l'environnement, Tours, 1985).

1986 : une association, pour quoi faire ?

« Le rappel du rôle de la Société des amis des monuments rouennais dans la mise en valeur du patrimoine local pendant un siècle a apporté une première réponse à la question posée : information du public et des pouvoirs publics concernant le passé et le présent de la ville historique, et vigilance sur son avenir. De plus, les associations impliquées dans la restauration doivent viser au rôle de médiateur entre les intervenants. » (Centenaire de la Société des amis des monuments rouennais, 1986).


1987 : fonctionnaires et associatifs, même combat

« Comment concilier patrimoine et changement, permanence et adaptabilité ? Cette question essentielle a été sous-jacente à l'ensemble de nos discussions. « L’architecte des bâtiments de France est heureux de trouver à côté de lui une association forte et dynamique qui peut appuyer ses propositions et servir de relais avec l'opinion. Quant à l’association, elle a besoin de voir l’A.B.F., utiliser les pouvoirs imposants qu'il a conservés face à des maires ou à des promoteurs destructeurs ou peu sensibles.

Il était bon de nous connaître mieux pour agir mieux ensemble. »

(Conclusions du colloque de Civitas Nostra Architectes des bâtiments de France et associations, Fontainebleau, 1987).


1989 : un quart de siècle de réflexion et d'action

« L’économie prime le social, aussi les habitants économiquement faibles ne trouvent-ils plus leur place dans la ville. La conservation du patrimoine apparaît comme celle des valeurs dominantes au détriment des dominés. Malgré quelques progrès ici et la, on déplore les effets « taxidermistes » de la conservation du patrimoine urbain qui se solde par la destruction radicale des architectures internes, condamnées par la facilité et une présomption arbitraire de manque de solidité. L'important est de souligner que le patrimoine ne doit pas vivre pour lui-même; il est un élément de la vie; cela suppose une affectation, même si celle-ci varie dans le temps. La restauration modifie et actualise. »

(Conclusions du congrès de Civitas Nostra, Le patrimoine, un défi au futur, Fribourg, 1989).


1991 : patrimoine et communication pour l’identité et l’image d'une ville

(Conclusions du congrès Civitas Nostra, Patrimoine et communication pour l’identité et l’image d'une ville, Troyes, 1991).

1995 : les quartiers anciens n’ont pas dit leur dernier mot

(Conclusions du congrès Civitas Nostra, Les quartiers anciens n’ont dit leur mot, Lyon, 1995)

« Les hommes passent avant les pierres : une solution ne peut être apportée au problème des centres anciens que dans le cadre de l’urbanisme et de l'aménagement du territoire. » (Assemblée de Civitas Nostra, Charlieu. 1968).

2001 : Regards sur la ville : valorisation du patrimoine et renouvellement urbain
Réflexion dans le contexte de la mise à l'étude des plans locaux d'urbanisme, notamment du projet d'aménagement et de développement durable, et du renouveau de la décentralisation. (Actes des rencontres de Clermont-Ferrand, 2001).

2004 : L'homme a-t-il sa place dans un secteur protégé ?
Avec le concours de Civitas Nostra, par l'association Paris historique qui en a publié les Actes dans sa revue n°90 du 2e semestre 2004. Une analyse remarquable de la notion de patrimoine et de son évolution, des difficultés de connecter approche patrimoniale et approche sociale ou valeur d'usage, des incompatibilités constatées entre PLU et PSMV.

2007 : les nouveaux territoires du patrimoine - Le Havre
Ce thème illustre l'évolution des préoccupations de Civitas Nostra qui a élargi son champ d'action et de réflexion des quartiers anciens à l'ensemble des territoires urbanisés. Aujourd'hui, le défi urbain - humain, économique et sociolo-culturel - de la ville se situe aussi de plus en plus dans les faubourgs populaires à l'habitat  souvent dégradé, les grands  ensembles de logement social et les franges urbains mitées par l'urbanisation anarchique.

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